Bonjour,

Aujourd’hui, j’ai une invitée spéciale sur mon blog: une de mes meilleures et plus anciennes amies, Maribel, et elle vient partager avec simplicité, authenticité et générosité son cheminement et ses prises de conscience quant à sa relation avec son père, un père imparfait.

Vous pouvez d’ailleurs découvrir ses magnifiques textes sur son blog par ici.

Bonne lecture à tous… 🙂

 

« Chez la fille, il n’est pas de désir plus grand que celui de protection par le père » Sigmund Freud

La plus grosse remise en question, que j’ai eu à faire dans ma vie, c’est d’apprendre à accepter mon père tel qu’il était.

On ne se voilera pas la face, pas entre nous, ça m’a demandé énormément d’efforts, de compréhension, d’amour et beaucoup de séances allongée sur un divan de psy.

J’ai grandi dans une famille de parents divorcés, j’ai été élevée par ma maman, une mère courage, qui a toujours tout fait pour ses enfants. Avec un frère formidable, qui m’a aussi, considérablement aidé.

Quant à mon père… Que dire… Deux faces d’une médaille, à l’opposée l’une de l’autre :

Face A

Intelligent, doué, fêtard, joyeux, bon danseur et chanteur, polyglotte, parfois drôle, amoureux de la vie, des femmes, charmeur

Face B

Alcoolique, agressif, violent, égoïste, infidèle (en amour), méchant et pervers, désengagé de son rôle de mari et de père…

Un vrai bipolaire.

Durant toute mon enfance, adolescence, et une bonne partie de ma vie de femme, j’ai toujours parlé de lui en disant, « mon géniteur », il n’était pas pour moi un père. Il n’avait rien fait pour cela, il ne le méritait pas.

J’habitais à moins de 20 minutes de chez lui, pourtant, jamais je n’aurai pensé me déplacer pour le voir, quoi qu’il arrive. Je le voyais comme un monstre sanguinaire, qui aurait pu me faire du mal, ou auquel moi, j’avais parfois envie de faire du mal.

Il nous avait abandonné. Colère et déception, voilà les seuls ressentis que j’éprouvais à son égard. J’avais même souvent, pour ne pas dire toujours, honte d’être sa fille.

Alors que nous passions quelques week-ends avec lui, mon frère et moi, vivions un enfer. Nous étions pris en étaux, entre peur, alcool, tristesse.

Vous l’aurez compris, j’ai grandi, pratiquement sans père. Alors je précise bien, que le pratiquement est important, nous le verrons un peu plus bas.

Sur le divan de ma psy, j’ai compris, que moi aussi, je fonctionnais de manière très « bipolaire » avec mon père.

Plus je m’acharnais à le détester, plus finalement, je le faisais vivre dans mon être. Plus il me manquait.

Parce que la face cachée du miroir, c’est que lorsque l’on voit le côté obscur de la force, forcement elle est en opposition avec ce qui nous manque, ce que nous aurions aimé qu’il se passe, qu’il soit.

On dit : « Je n’ai pas eu de père, il n’a pas fait ci, ça, l’autre », « J’ai manqué de son amour ».

Personnellement, j’aurais aimé avoir un père, qui m’apprenne à danser, à chanter, qu’il me raconte ses nombreux voyages et ses vies. Qu’il me parle en espagnol, qu’il m’enseigne la photographie, sa passion. J’aurai voulu qu’il m’aime, tout simplement.

L’enfant que j’étais et qui est toujours en moi, a cru pendant longtemps, que c’était la petite fille qui ne méritait pas d’être aimée, qu’elle n’était pas assez bien. Et oui, les enfants ça fait des raccourcis.

Du coup, comment devenir une femme digne d’être aimée…

Vivre dans ce type de croyance, peut faire de nous « des puits sans fond d’amour ». Toujours, toujours en recherche d’amour, il nous en faut toujours plus et de la reconnaissance.

Je m’épuisais pour rien, car je cherchais de l’amour d’une personne qui n’existait pas… celui de mon père idéal. Le mot est lâché, idéal, et oui, je n’avais pas cassé le mythe de mon « père-phantasme ».

Le mien ne me convenait pas, j’en avais donc fabriqué un autre, tout beau, tout parfait.

Deuxième effet Kisscool, seconde mission, guérir mon père ou son reflet, pour faire de lui quelqu’un de meilleur, et qui colle enfin à ce que MOI j’attendais. Le guérir contre son gré, puisqu’il ne m’avait rien demandé.

Encore un combat dans le vent… Que je me suis acharnée à faire au travers de toutes les relations que j’ai eues dans ma vie – principalement les relations amoureuses, évidemment sinon ça serait moins drôle -.

Je me posais également, en vengeur masqué, de toutes les mauvaises choses qu’il avait fait aux gens que j’aimais. L’injustice qu’ils avaient vécue et subie, il me fallait les protéger.

Notamment pour ma mère, savoir combien elle avait souffert, m’a toujours arraché le cœur.

Cela dit, ici encore, je me posais en super infirmière du cœur, je m’auto missionnais, et me faisais porter un fardeau, bien trop lourd à porter et qui surtout ne m’appartenait pas.

Ce qui fait qu’aujourd’hui encore, une ampoule au-dessus de ma tête s’allume, quand je croise une personne dans le besoin (surtout émotionnel).

J’ai commencé mon travail de guérison, lors de son décès. Moi qui habitais à côté, je n’avais jamais voulu me déplacer pour le voir.

Lorsqu’il est mort, j’ai fait 600kms en pleine nuit, pour aller déverser ses cendres. Et pleurer…

Quand je suis arrivée chez lui, que j’ai passé la porte de cet appartement dans lequel j’avais parfois eu si peur, j’ai franchi un seuil, pas uniquement de son habitat, mais aussi de sa vie.

Rien n’avait changé, tout me paraissait juste plus petit.

Le vrai apaisement est arrivé sur une simple photo, je devais avoir 5/6 ans, nous étions tous les deux, il me tenait dans ses bras.

Son regard, et mon sourire sur cette photo, m’a fait prendre conscience, qu’il n’avait pas uniquement été ce père monstrueux.

Derrière cette photo, il était annoté, « Ma fille ».

J’ai compris, que mon papa, non seulement m’avait aimé mais qu’il était fier de moi.

Il avait eu simplement sa manière, à lui, d’aimer, avec ses capacités, son parcours, son histoire.

Il avait donné le pire, mais aussi le meilleur dont il était capable.

Grace à cela, est arrivée l’acceptation d’avoir été aimée et avoir aimé un père si imparfait.

L’image du père

A contrario des enfants qui grandissent sans aucune image paternelle, j’avais, la « chance », d’en avoir une à laquelle m’identifier ou m’opposer.

Une des choses importantes à savoir et à accepter, c’est que nous sommes nés de deux parents, donc de deux personnalités, deux histoires, deux inconscients, deux désirs, etc… C’est en nous, c’est une réalité.

Par conséquent, lorsque nous rejetons, haïssons, l’un de nos deux parents, finalement, par ricochet, c’est une partie de nous que nous refusons.

Je ne dis pas qu’il faut tout pardonner, ou tout excuser, par contre, il faut accepter, pour mieux comprendre qui l’on est et progresser dans notre Etre.

Car faire la paix avec nos origines, c’est partir plus sereinement vers notre propre destin.

Fin

Merci infiniment à mon amie Maribel pour ce texte authentique, émouvant, inspirant. 🙂

J’espère de tout cœur qu’il aura touché votre être et qu’il vous aura apporté une nouvelle perspective plus lumineuse.

Je vous souhaite une merveilleuse fin de semaine et on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel article.

A très vite. Prenez soin de vous.

Laurie.

Maribel Guardia Matéos

Retrouvez Maribel et tous ses magnifiques textes sur son blog: Tu me le dis… ou pas

Des tranches de vie racontées avec humour, tendresse et autodérision…

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